La règlementation européenne impose un traitement des eaux résiduaires plus poussé pour les communes du bassin versant de zones sensibles à l'enrichissement en azote et phosphore. C'est le cas de la lagune de Thau.
La directive européenne du 21 mai 1991 relative aux traitement des eaux résiduaires impose aux Etats membres d’établir une carte des zones sensibles à l’eutrophisation. Les pollutions visées sont essentiellement les rejets d’azote et de phosphore en raison de leur implication dans les phénomènes d’eutrophisation.
Lorsqu’une zone est classée sensible à l’eutrophisation, cela a les conséquences suivantes :
- les agglomérations de plus de 10 000 équivalents habitants doivent faire subir un traitement tertiaire à leurs eaux usées en complément au traitement biologique secondaire, afin d’éliminer de façon très poussée azote et phosphore. La réduction doit être de 80% pour le phosphore et de 70 à 80% pour l’azote.
- en dessous de 10 000 EH, les objectifs de dépollution fixés par le préfet pourront également, en fonction du contexte local, imposer aux agglomérations un traitement particulier de l’azote et/ou du phosphore.
Il y a eu un litige entre la France et la Commission Européenne sur l’interprétation de la notion d’eutrophisation.
Dans une décision du 23 septembre 2004, la Cour de justice des Communautés Européennes a reproché à la France l’identification incomplète des zones sensibles : il manquait certaines zones à la liste pour les bassins Rhône Méditerranée Corse (RMC), Loire-Bretagne, Artois-Picardie, et Seine-Normandie. La France a été condamnée pour mauvaise application de la directive de 1991 (directive ERU).
En conséquence, le ministère de l’Ecologie a demandé aux préfets de faire le nécessaire. Cela a abouti à la publication début 2006 d’arrêtés préfectoraux complétant la liste des zones sensibles à l’eutrophisation. Pour le bassin RMC, ont été rajoutées les zones :
- le bassin versant de l’étang de Thau
- le bassin versant du Vistre.
Ce classement impose donc d’améliorer les performances de traitement des stations d’épurations des eaux usées pour l’azote et le phosphore.
La directive européenne de 1991 prévoyait :
- de faire la liste des zones sensibles avant le 31/12/93
- que les agglomérations de plus de 10 000 EH aient mis en place les systèmes de traitement plus poussés de leurs eaux résiduaires avant le 31/12/98 afin d’obtenir des rejets tels que :
phosphore total : concentration max de 2 mg/l (pour EH de 10 000 à 100 000), et % de réduction au moins = à 80
azote total : concentration max de 15mg/l (pour EH de 10 000 à 100 000) et au moins 70 à 80% de réduction minimale.